Des fromageries ne font pas que des fromages mais polluent des cours d’eau…

Article de SOS LRC sur Les Rivières Comtoises meurent en silence, le 10 juin 2020

Rejets de la fromagerie de Noirefontaine

par SOS LRC

Suite à l’article paru ce matin dans l’Est Républicain donnant la parole au gérant de la fromagerie de Noirefontaine, nous saluons tout d’abord les engagements de la fromagerie. Nous continuerons de surveiller au plus près les rejets afin que ces épisodes de déversement ne se reproduisent plus.

Des cas de + en + nombreux

Les cas de pollutions à répétition de fromageries sur l’aire AOP Comté se sont multipliés ces dernières années.  L’augmentation de 24 % des volumes de lait produits n’y est peut-être pas étrangère. Nous assistons à un véritable problème général lié au Comté où les épandages de lisiers illégaux se multiplient, et sont pratiqués de manière courante au cœur de l’hiver. 

La profession s’oppose de manière vigoureuse au principe d’une date d’arrêt des épandages en automne prise par un arrêté préfectoral. Alors que tous les pays européens et d’autres régions françaises appliquent cette interdiction dans le cadre de la directive Nitrate. Les excès de lisiers sont traités comme des déchets confiés aux rivières karstiques pourtant scientifiquement reconnues comme très fragiles. 

La publicité VS la réalité

Dans ce contexte de laxisme général, il est sans doute aussi banal que les step des fromageries confient leurs effluents incomplètement traités à ces mêmes rivières. L’AOP Comté consacre un énorme budget à sa communication et soignent son image dans les plus grands médias. Image de plus en plus éloignée de la réalité. 

Un ruisseau tari 6 mois de l’année

 Christian Triboulet, co animateur du collectif, est cité dans l’article de l’Est Républicain « il n’y a rien de grave selon l’analyse de l’eau, mais le ruisseau est foutu, il n’y a plus de vie aquatique ».

La réponse des responsables de la fromagerie est édifiante le ruisseau est tari six mois par an de toute façon ».”

C’est faire peu de cas des milieux naturels que de penser que la pollution n’est pas grave puisque que le ruisseau est à sec une bonne partie de l’année. Dans les ruisseaux qui s’assèchent, non seulement  il existe toujours de la vie mais en plus, ils servent de points de reproduction à de nombreuses espèces d’invertébrés et sont indispensables à la biodiversité. De plus, ces débordements rejoignent le Doubs tout proche avec là aussi des conséquences sur la qualité de l’eau.

Des méthodes “agressives” ?!

Enfin, taxer les méthodes du collectif “d’agressives” est bien dans la ligne de la cellule Demeter. Les associations ont-elles déjà épandu du fumier devant les préfectures ?

Les associations consacrent des milliers d’heures de bénévolat à la défense des biens communs, l’eau et les rivières. Rôle que l’Etat devrait assurer.  Biens communs que les activités économiques devraient respecter au plus haut point, d’autant plus quand on est une AOP et qu’on construit son image sur le respect de la nature et qu’on dispose de moyens financiers exceptionnels dans le milieu agricole.

Notre combat continue

Les associations continueront à soulever les problèmes de dysfonctionnements des step des fruitières et des fromageries, les arrachages de haies, les épandages illégaux et iront en justice chaque fois qu’elles l’estiment juste et nécessaire.