CP – Center Parcs

Communiqué de presse

Vendredi 4 septembre 2015

Francs-Comtois, rends toi … Nenni ma foi !

La commission particulière du débat public a restitué cette semaine les éléments issus des nombreux débats et échanges organisés depuis 4 mois et auxquels France Nature Environnement FC a largement contribué.

 

A Poligny, au Rousset ou à Roybon, le concept « center Parcs » n’est pas soutenable !

Le projet Center Parcs est en décalage avec les orientations stratégiques régionales en matière de tourisme, de préservation de la biodiversité, de ses engagements en faveur de la réduction du réchauffement climatique …. Si les atouts et l’image de région verte attachée au Jura peuvent constituer un argument marketing pour P & V, à l’inverse le projet présenté n’apporte aucune réelle plus-value à l’offre touristique régionale.

 

Un modèle économique qui interroge dans un contexte de rigueur des budgets publics

Le montage de cette opération estimée à 170 M€ repose sur la mobilisation substantielle de fonds publics, mobilisation d’une partie de l’épargne destinée au financement de projets d’intérêt général (ex : logement social) au profit d’un groupe privé. L’intérêt public d’une telle opération est loin d’avoir été démontré !

 

L’emploi : un argument de poids, mais à quel prix ?

La majorité des emplois annoncés sont à petits salaires et à horaires faibles, notamment parmi les personnels de nettoyage (40 % de l’effectif). Si l’on devait prendre en compte le ratio aides publiques / emploi créé, (environ 130 000 € par emploi), le même niveau d’investissement consenti sur le territoire au profit des acteurs locaux générerait une autre dynamique de développement, porteuse d’un nombre d’emplois plus conséquent.

 

Environnement : attention, peinture verte !

Ce type d’équipement (et infrastructures associées) est grand consommateur d’espace et impactant sur les écosystèmes. La consommation d’eau (piscine tropicale, sanitaires, etc.) concurrence les besoins locaux. Il n’est pas raisonnable, à l’heure de la transition énergétique, d’envisager de construire un tel bâtiment chauffé à 29° toute l’année sous le climat jurassien. Le sous-sol karstique, caractéristique de la région, rend les eaux souterraines particulièrement fragiles et sensibles aux pollutions …

 

En Franche-Comté, comme en Bourgogne, nous sommes convaincus qu’il faut refermer ce dossier.

 

Contact presse : Pascal Blain, 09 67 33 02 03 ou 06 69 79 04 06

En téléchargement  :

– Communiqué de presse FNE Franche-Comté :

– cahiers d’acteurs réalisés par la CAPEN71 et FNE Bourgogne.

CP – Center Parcs

Débat public Center Parcs :
les conditions pour un réel débat sont-elles réunies ?
A la veille du début du débat public sur les Center Parcs de Poligny et du Rousset, France Nature Environnement Franche-Comté, Jura Nature Environnement, la Commission de Protection des eaux, la LPO Franche-Comté,​ Bourgogne Environnement Nature,​le Pic Noir, la CAPEN 71 et le Geai du Rousset, s’interrogent sur les conditions ​​d​e ce​ ​déb​at​​​ ainsi que sur ces projets de Center Parcs qui soulèvent de nombreuses questions​.
Voici le communiqué  de presse envoyé par le réseau le 14 avril 2015
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L’ampleur et l’impact environnemental des projets de Center Parcs de Poligny (39) et du Rousset (71) ont suscité la mise en place d’un débat public dont les réunions vont se dérouler du 23 avril jusqu’au 6 juillet : soit 2 mois 1/2.
Les valeurs de transparence, d’équité et d’indépendance mises en avant par la Commission Nationale du Débat Public sont aussi les nôtres. Nous attendons qu’elles soient aussi celles des collectivités territoriales et de Pierre et Vacances.
Les conditions favorables au débat sont-elles réunies ?
Pour un débat démocratique réel et sain, ces valeurs devront être étayées sur une conception qui le permette : un périmètre adéquat en termes de géographie, de finance, de thématique, de fiscalité ; une évaluation des risques à la hauteur des enjeux ; une analyse des porteurs du projet ; une analyse sans externalisation de certaines composantes.
En dehors du respect de ces critères le débat ne serait qu’un déshonneur pour les participants et une opération de marketing pour Pierre et Vacances et sans doute aussi pour les collectivités territoriales.
Or pourquoi le débat a-t-il été circonscrit à une partie du département de la Saône-et-Loire et du Jura alors que ces projets concernent tous les contribuables de ces 2 départements ? Pourquoi à ce jour les études d’impact n’ont-elles pas été communiquées alors que ces documents sont incontournables pour le débat ? Un débat d’une durée de 2 mois 1/2 est-il suffisant alors que depuis 2008 Pierre et Vacances travaille à ces projets comme en font foi les deux sociétés qu’il a créées à cette date sur Poligny et le Rousset pour ces deux projets ? Quelle est la part du budget du débat apportée par Pierre et Vacances et pour quelles dépenses ?
Pour que le débat soit équitable, lors des réunions tous les points de vue devront pouvoir s’exprimer dans le respect de l’intérêt général.
Toutes les questions trouveront-elles réponse ?
Ces projets soulèvent également de nombreuses questions. Les importants investissements d’argent public sont-ils justifiés ? Peut-on se satisfaire de la création d’emplois précaires ? Ces projets sont-ils en adéquation avec les orientations politiques régionales et départementales pour le tourisme ? Sont-ils compatibles avec les enjeux du réchauffement climatique, avec les déficits en eau actuels et annoncés pour la région ainsi que la fragilité des milieux karstiques ? Enfin peut-on réellement compenser l’artificialisation de ces espaces naturels ?
En tant qu’associations de protection de la nature, fervents défenseurs de la démocratie participative et du dialogue environnemental, citoyens soucieux de l’utilisation de l’argent public, nous apporterons nos contributions au débat afin que ces projets soient analysés à la lueur de l’ensemble des intérêts, sociaux, économiques et environnementaux, faisant tous partie intégrante de l’intérêt général.
Contacts presse
Pascal Blain, 03 81 80 92 98 – FNE Franche-Comté
Thierry Grosjean, 09 71 38 89 64 – CAPEN 71
FNE Franche-Comté, contact@fne-franche-comte.fr
Jura Nature Environnement, contact@jne.asso.fr
LPO Franche-Comté, franche-comte@lpo.fr
CPEPSC, contact@cpepesc.org
Le Pic Noir, contact@lepicnoir.fr
Bourgogne Environnement Nature,
bourgogne-environnement-nature@clapen21.fr
CAPEN 71, contact@capen71
Le Geai du Rousset, geaidurousset@gmail.com

Avis innondations Allan

CONTRIBUTION DE FNE FC A LA COMMISSION INONDATIONS pour l’Allan (90)

– Des fleuves simplifiés qui ne fonctionnent plus :
En complément des aléas, je propose d’inscrire l’arrêt du drainage et la destruction de zones humides (50% de zones détruites en France ) et d’inscrire en responsabilité le modèle d’agriculture industrielle et surtout l’urbanisation sur le territoire du SAGE Allan.
En complément également, insister sur les écosystèmes fragilisés ( atteinte à la biodiversité, disparition massive d’espèces et de populations, les espèces d’eau douce ont vu leur population régresser de 50% en 45 ans, disparition des ripisylves, rectification des cours d’eau ).
Enfin, mise en place d’actions telles que re-méandrements pour ralentir et infiltrer les flux, obliger à la mise en oeuvre de bandes enherbées, arrêt de la destruction des haies, plantation de haies nouvelles.
– Effets positifs des crues :
Nous n’avons pas parlé ni tenu compte des bienfaits des crues. Elles ont aussi un effet positif pour l’environnement. Elles agissent sur le remplissage des nappes ( même si les masses d’eau du Territoire sont peu profondes et risquent une pollution ), elles préservent la biodiversité, brassent et transportent des sédiments, permettent l’infiltration, évitent le colmatage. D’un point
de vue social, elles participent à la création de destin et d’intérêts autour de la réappropriation des rivières, génèrent et obligent à de nouvelles solidarités. Les bienfaits économiques ne sont plus discutables : services écologiques rendus, intérêt des compagnies d’assurances, chantiers de restauration, agriculture. Des bienfaits culturels découlent directement du risque »naturel »
d’inondations ; il permet de repenser l’urbanisation, les aménagements et le développement ; il pousse également à l’innovation et crée une culture écologique (Développement durable, relation Homme/Nature…)
– Occupation des sols :
La zone « Belfort-Danjoutin-Andelnans-Sevenans est très urbanisée et artificialisée depuis 20 années au moins. Pourrait-on faire un point sur le traitement des eaux de ruissellement des hectares de parking et des dessertes routières ( A36 et ses bretelles – RN19 – route de Montbéliard, futur hopital médian et futur échangeur de Trévenans…). Est-il envisageable d’infiltrer ces eaux de ruissellement dans le sol, plutôt que de les renvoyer directement dans le ruisseau ou la rivière la plus proche. Ces procédés (maintien des zones d’expansion et d’infiltration, limitation de l’imperméabilisation des sols) sont des solutions plus adaptées au ralentissement des flux de ruissellement, étalant dans le temps le niveau de la crue et en minimisant le pic.
Le risque n’existe que sur les espaces où l’homme est présent. Les facteurs aggravant le risque sont, par conséquent l’urbanisation et l’implantation d’activités dans des zones inondables. L’imperméabilisation du sol empêche les précipitations de s’infiltrer. Elles vont ruisseler et se concentrer dans les réseaux, les ruisseaux et les rivières… les crues deviennent ainsi plus rapides et plus violentes.
Le meilleur moyen de prévention contre le risque d’inondation est d’éviter d’urbaniser les zones exposées. Ainsi l’interdiction des constructions en zones d’aléas forts devrait s’appliquer sur l’ensemble du périmètre du SAGE Allan et particulièrement sur le bassin de la Savoureuse.
– Un impératif global : CHANGER LE MODELE
Pas de retour en arrière ni de refus du progrès, mais pris en compte des connaissances acquises et des services écologiques rendus ( ressource en eau, stockage, dépollution, biodiversité originale, réceptacle de nombreuses activités humaines…)
Reconnaitre les coûts grandissants des fleuves et rivières dégradés par la communauté humaine. Restaurer les rivières et ruisseaux
Intégrer des techniques douces de lutte anti-érosion comme les bandes enherbées dans les champs et la plantation de haies.
Prendre en compte une adaptation obligatoire au changement climatique. Les études actuelles indiquent une progression du risque inondation en hiver (augmentation des ruissellements et débits de pointe ), une accentuation des risques existants.
Gérard GROUBATCH,
Administrateur/trésorier de France Nature Environnement Franche-Comté
Président de FNE 90