CP – projet AREMIS

Aremis et Loi Biodiversité : incompatibles !!!

 

L’Assemblée nationale vient d’adopter en première lecture le projet de loi de Ségolène Royal pour la reconquête de la Biodiversité, de la Nature et des Paysages. France Nature Environnement  se réjouit du rejet d’amendements nuisibles à la biodiversité. Cette actualité est l’occasion de revenir sur un cas emblématique franc-comtois : la ZAC AREMIS-Lure.

Plus de 10 ans après le lancement de ce projet, de nouveaux rebondissements remettent le dossier sur le haut de la pile. Pour FNE Franche-Comté et ses associations fédérées, la reconversion industrielle du site n’est pas acceptable tant du point de vue environnemental que du point de vue social. Explications.

Une ZAC de plus dans un site naturel unique

De très nombreuses friches industrielles existent déjà sur le territoire de la Haute-Saône, la plupart ne sont pas exploitées, à tel point que certaines seraient offertes au prix dérisoire de quelques euros le mètre carré. De fait, la reconversion du site de l’ancien aérodrome militaire de Lure-Malbouhans, telle que portée par le Conseil départemental de Haute-Saône réélu,  ne suscite pas l’intérêt du monde économique et industriel, pas plus que celui des conseillers départementaux UMP qui le qualifient « d’erreur stratégique » et de « gaspillage d’argent public» dans leur tract électoral.

 

C’est sans compter sur la mise en péril du patrimoine naturel du site, exceptionnel pour la région.

En novembre dernier, la diligence d’une enquête publique loi sur l’eau a permis à permis aux associations de protection de la nature de rappeler que le site fait l’objet d’une inscription en Zone Naturelle d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique. En clair et sans décodeur, le site de Malbouhans est un exemple d’équilibre biologique entre les espèces protégées (plusieurs espèces d’oiseaux remarquables – Tarier des près, Pie-grièche écorcheur, Milan royal et Milan noir entre autres,  présence de papillons dont l’Azuré du serpolet, de chauves-souris etc..) et les milieux sensibles (prairies reconnues d’intérêt communautaire – Arrhenatherion eliatoris – et d’intérêt prioritaire – Violion caninae selon la directive « Habitats » n°92/43/CEE de l’Union Européenne).

 

Une destruction sans compensation

Le sort de la ZAC se joue au lendemain de la discussion sur la loi Biodiversité qui a rejeté les amendements visant à écorner le triptyque « éviter-réduire-compenser » selon lequel la compensation ne doit intervenir qu’en dernier ressort.

S’agissant la ZAC de Malbouhans, l’ex terrain militaire du Val de Bithaine envisagé comme mesure de compensation est manifestement  inadapté. Non seulement ce milieu forestier mérite d’être préservé pour sa propre faune et flore (ZNIEFF de type 1) mais encore, il n’abrite ni les pelouses à Violion caninae, ni les populations de Tarier des prés présentes à Malbouhans et qui seraient fatalement amenées à disparaître en raison de partis d’aménagements aberrants. Pour exemple, l’installation au sol d’une vaste centrale  photovoltaïque, inutilement destructrice à Malbouhans, le choix d’une activité agropastorale responsable du décapage de la seule prairie existante dans la zone ouest du Val de Bithaine, la réalisation de kilomètres de clôtures infranchissables pour la faune sauvage…

Cela dit, rien n’est encore acté. L’heure est à la vigilance car la réalisation ​ou la réorientation du projet de la ZAC AREMIS-Lure est subordonnée à la délivrance d’une décision administrative autorisant, à titre d’exception, la destruction des espèces présentes sur le site et protégées par la loi.

​​Les ailes du papillon réussiront-elle à peser plus lourd que les chenilles des bulldozers ?

Projet loi bromadiolone

Observations de FNE Franche-Comté au Projet d’arrêté relatif au contrôle des populations de campagnols nuisibles aux cultures, ainsi qu’aux conditions d’emploi des produits phytopharmaceutiques contenant de la bromadiolone :

 

Dans l’ensemble, l’arrêté proposé évolue de manière positive et offre de nouvelles garanties en ce qui concerne le seuil de densité auxquels sont autorisés les traitements, ainsi qu’à la quantité maximale d’appâts à l’hectare. Il nous paraît donc primordial que ces chiffres soient maintenus.

 

Toutefois, nous estimons qu’en l’état, cet arrêté ne peut être effectif puisqu’il présente des carences en terme de :

– contrôles(des moyens de lutte raisonnée, Articles 11 et 12 ; de la vérification de l’enfouissement des appâts, de la collecte des cadavres de campagnols, du signalement de cadavres d’espèces non cibles) ;

– délais associés aux obligations (article 4 et annexe III) et aux analyses de risque d’impact sur la faune sauvage non cible pour les zones d’interdiction de lutte chimique (article 6 et annexe VII) ;

– de sanctions en cas de non respect des différents articles.

 

De plus, cet arrêté ne prend pas suffisamment en compte la protection des prédateursde campagnols et la mise en œuvre obligatoire des méthodes favorisant la prédation naturelle dans les zones identifiées comme secteurs à pullulation de campagnols.

Pour ce faire FNE Franche-Comté revendique la prise en compte des éléments suivants pour les zones concernées dans les départements du Doubs et du Jura :

– la mise en œuvre obligatoire de maintien et recréation de haies champêtres et de murgers.

l’identification par arrêté et l’exclusion (pour la lutte chimique) des zones naturelles protégées (RNR, RNN, APPB)et zones Natura 2000.

– l’interdiction du tir et du piégeage de renard roux (vulpes vulpes) dans les zones soumises régulièrement à pullulation du campagnol terrestre.

 

Ensuite, FNE Franche-Comté revendique la mise en place du principe de précaution par le biais d’une véritable politique de surveillance, de prévention et de lutte combinée contre le campagnol. Ainsi FNE Franche-Comté revendique l’arrêt de l’utilisation d’appâts contenant de la bromadiolone en l’absence de démonstration de l’échec des autres moyens de prévention. Ces moyens sont les méthodes alternatives (changements de pratiques agricoles, piégeage, etc.) mais aussi l’encouragement de la prédation naturelle.

 

Au regard des effets néfastes de la bromadiolone sur la faune sauvage non cible, FNE Franche-Comté(fédération franc-comtoise des associations de protection de la nature de Franche-Comté)demeure opposée à l’usage des pesticides en général et plus particulièrement à la bromadiolone et valorise la mise en place de mesures alternatives.

 

http://agriculture.gouv.fr/projet-d-arrete-controle-populations-de-campagnols-nuisibles-aux-cultures

les sols karstiques

Même si c’est un jour de pluie, il faut être motivé pour passer un samedi entier à écouter des spécialistes des sols karstiques et de la biologie de la Loue et de ses affluents. C’est le  cas d’une trentaine de personnes, venues des quatre départements de Franche-Comté. Quelques jeunes, des tempes grises avec tous une même préoccupation : la préservation de leur environnement. Ce rendez-vous à la Maison Nationale  de l’Eau de la Pêche d’Ornans était pourtant ouvert à tous et gratuit. Encore fallait-il avoir l’information…

Cette journée est une première pour le « plateau débat public » de la Maison de l’environnement de Franche-Comté. Une dénomination assez abstraite pour définir une des actions d’information de France Nature Environnement à destination du grand public. L’objectif découle du Grenelle de l’environnement. Cette journée répond à une ambition démocratique, proposer aux Franc-Comtois de se former pour ensuite participer au débat public sur la qualité de nos rivières. Avec Florence Petit et Frédéric Loth, nous avons suivi une bonne partie de cette journée de formation. Une fois de plus, je réalise que comprendre le fonctionnement de  la Loue et des rivières comtoises est extrêmement complexe. Voilà pour la certitude. J’ai aussi une incertitude :  je ne sais pas si les élus en charge de ce dossier ont le temps de tout assimiler ce que les spécialistes nous ont expliqué aujourd’hui.

Intervenants de cette journée : Pascal Reilé, hydrogéologue et ligue régionale de spéléologie, Michel Lassus Commission de Protection des eaux. Edouard Marius, EPTB Saône et Doubs, Jean-Baptiste Baud, Jura Nature Environnement et Denis Monmarché et Emmanuel Cretin du syndicat mixte de la Loue.

Isabelle Brunnarius / France 3 Franche-Comté

http://blog.france3.fr/vallee-de-la-loue/2012/04/14/une-journee-pour-comprendre-les-sols-karstiques/

Vidéo : formationloue par F3FrancheComte

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